Comment appeler un ou une partenaire non-binaire ?
Comme la personne veut être appelée. Voici le menu, mots anciens et nouveaux, et comment poser la question.
Il n'existe pas de mot unique, et le seul qui soit à coup sûr le bon est celui que choisit ton ou ta partenaire. Ce qui suit est le menu, en anglais, la langue dans laquelle ces mots circulent. Certains ont des siècles. D'autres sont bien plus récents et ont surtout voyagé par les communautés en ligne. Celui qui fera mouche dépend entièrement de la personne.
Les mots qui existaient déjà
Partner (partenaire) est le mot établi. L'Online Etymology Dictionary date de 1749 son sens de « mari ou épouse », et le Wiktionary le définit aujourd'hui comme toute personne « avec qui l'on partage un lien domestique, amoureux ou sexuel ». Il passe partout, et c'est sa force. Il peut sonner formel, ou donner l'impression que tu marches sur des œufs, et c'est sa faiblesse.
Sweetheart, à peu près « mon cœur », désigne une personne aimée depuis la fin du XIVe siècle, d'après le même dictionnaire, et rien dans sweet ni dans heart n'est genré. Le mot sonne tendre et un peu désuet.
Significant other, lover, my person (ma personne), the person I'm seeing (la personne que je fréquente) : tous déjà neutres, et tous très bien s'ils vous vont à vous deux.
Des mots plus récents, construits sur boyfriend et girlfriend
Theyfriend : they plus friend. Le Wiktionary le recense comme un néologisme désignant un ou une partenaire non-binaire. Il convient à quelqu'un qui utilise they. Pour un ou une partenaire non-binaire qui utilise she ou he, il nomme le mauvais pronom.
Enbyfriend : de enby, la prononciation de NB. Le Wiktionary le classe comme argot. Il est plus ancien qu'il n'y paraît : un message anonyme publié sur Tumblr en février 2014 présentait déjà datefriend comme une alternative à « girlfriend/boyfriend/enbyfriend ». La personne qui organise le Gender Census, une enquête communautaire menée depuis de longues années, écrit qu'enby lui-même a d'abord été forgé pour occuper cette place dans des mots comme boyfriend ; nous n'avons trouvé aucune trace indépendante de cela. Si ton ou ta partenaire n'aime pas enby, enbyfriend ne marchera pas non plus.
Datefriend : le plus simple des mots forgés, la personne avec qui tu sors. En dehors de ce message de 2014, on le trouve dans des listes communautaires de mots neutres pour désigner un ou une partenaire, sur Tumblr en 2016, et dans une chronique du Seattle Gay News en 2023. Nous n'avons pas pu trouver d'où il vient, et le Wiktionary n'a pas d'entrée pour lui.
Joyfriend : joy plus boyfriend, selon le Wiktionary, qui le recense aussi pour désigner le ou la partenaire d'une relation queerplatonique. Un wiki communautaire le fait remonter à un tweet d'août 2019 ; difficile de prouver qu'il s'agissait vraiment de la toute première occurrence.
D'autres apparaissent dans les mêmes listes communautaires : datemate, personfriend, genderfriend, et bothfriend pour une personne bigenre ou androgyne.
Établi ou ludique ?
Dictionary.com définit enby, mais n'avait aucune entrée pour theyfriend ni pour enbyfriend quand nous avons vérifié en septembre 2026. Ça ne rend pas ces mots faux. Ça veut dire qu'ils sont encore en train de se fixer, et qu'ils peuvent paraître ludiques. Certaines personnes adorent ça. D'autres veulent un mot qui passe aussi bien à un enterrement de famille que dans une conversation de groupe.
Comment demander
Demande directement, et demande pour chaque contexte autant que pour les mots : « Comment tu veux que je t'appelle quand je te présente à mes amis ? Et au travail, ou devant ma famille ? » Les réponses peuvent être différentes, et c'est normal. Le Gender Census relève la même chose avec les pronoms : beaucoup de gens préfèrent un jeu de pronoms au travail et un autre avec leurs proches.
Si la personne n'y a jamais réfléchi, propose le menu : partner, datefriend, sweetheart, ou simplement son prénom. « Voici Sam » présente n'importe qui.
Si elle te dit que ça lui est égal, crois-la, et redemande si ça commence à compter.
Et laisse ça évoluer. Le mot qui va au deuxième mois n'est peut-être pas celui qui ira la deuxième année, et redemander n'a rien d'un échec.